*Alex marchait. Elle ne savait pas pourquoi ni pour aller ou mais elle était là. Elle airait dans l'obscurité, dans le calme absolu. Trainant ses sombres pensées et fixant le sol. En réalité elle ne voulait pas rentrer chez elle, son oncle l'attendait depuis quelques heures déjà et il allait encore la frapper, la blesser, l'humilier. Elle aurait tout donné pour vivre ailleurs, pour pouvoir être enfin libre, vivre une autre vie, mais c'était comme ça, subir et accepter... la vie était ainsi faite pour Alex. Seulement aujourd'hui, elle n'avait pas le courage, pas la force de l'affronter, sa seule vue lui donnait la nausée et sa voix la terrifiait. Le seul fait d'être dans la même pièce que lui, lui donnait envie de mourir.
Tout avait commencé une nuit de décembre, une nuit ou tout avait basculé, une simple minute d'inattention avait réduit sa vie à néant. Pourquoi son père n'avait-il pas freiner plus tôt ? Pourquoi cet automobiliste avait-il eut besoin de boire autant. Peut-être avait-il la même vie qu'elle. Ou bien avait-il tout simplement voulu fêter quelque chose, quelque chose d'important. Tout une série de question qui ne trouvaient pas de réponde et n'en trouveraient jamais...
Mais Alex n'était pas de ces filles à s'apitoyer sur son sort car même si sa vie à la maison était insupportable, elle avait quand même beaucoup de moments de bonheur grâce à ses amis, Kiara et Adrian. Ils l'avaient toujours soutenu, même dans les moments les plus difficiles et ne l'avaient jamais jugée. Sans eux, elle serait sûrement morte à l'heure qu'il est, c'est pour ça qu'elle décida ce soir, de rentrer tout de même chez elle. Elle ne pouvait pas aller chez Adrian ou Kiara et leur demander de l'héberger pour la nuit, ils en avaient déjà assez fait comme ça. Trop de nuits passées à sangloter dans une chambre qui n'était pas la sienne.
Le temps était venu de prendre les choses en main...
Elle entra la clef dans la serrure et la fit tourner, en poussant la porte elle entendit déjà les railleries de son oncle venant du salon.
Il avança vers elle d'un pas incertain, les yeux rouges, totalement imbibé d'alcool, cet alcool qui était la cause de tout ce qui ne tournait pas rond dans sa vie, elle avait d'ailleurs pris l'habitude d'en consommer dés qu'elle en avait l'occasion parce que, après tout, cette boisson était faite pour elle, c'était elle qui l'avait trouvée et anéantie. C'était elle qui avait tué ses parents...
_T'étais encore entrain de te droguer hein ! Pesta-t-il.
Sale gosse de merde ! Va mettre la table et prépare quelque chose, ça fait trop longtemps que j'attends.Là, il la gifla de toutes ses forces pour bien lui faire comprendre qu'elle était rentrée trop tard et qu'elle avait intérêt à se dépêcher si elle ne voulait pas qu'il récidive. Elle mit sa main à sa joue brûlante tandis qu'il retournait dans le salon, laissant planer dans l'air, une vieille odeur de cigarette.
Il se passa alors quelque chose en elle, un déclic. Alex comprit que s'en était fini. Plus jamais. Plus jamais il ne la toucherait. Avec du recule, elle réalisa que n'importe qui serait parti depuis longtemps, mais pour aller ou ? Pour faire quoi ? Ca, elle ne le savait pas encore mais peu importait, du moment qu'elle parte loin d'ici.
Alex monta les escaliers lentement pour ne pas être entendue par ce monstre, une boule au ventre le c½ur battant et posa un sac à dos sur son lit afin de le remplir de vêtements et d'affaires personnelles. Une fois qu'elle ait pris les seules choses qui comptaient vraiment comme une photo de ses parents ou encore un bijoux de sa mère, elle redescendit les escaliers d'un pas rapide.
Bien sur, il était là, il avait compris. Elle n'allait pas se laisser faire. Les seules fois ou elle avait entreprit une fugue, il avait toujours été là pour l'en empêcher mais cette fois-ci...
_Je peux savoir ce que tu comptes faire exactement ? Demanda-t-il les bras croisé en barrant la porte de son énorme carrure.
_Je me casse, osa-t-elle.
_Ah ouais, et mon cul aussi y se casse ! Retourne dans la cuisine et fait ce que je t'ai demander espèce de sale garce ! S'exclama-t-il en caressant son énorme pense à bière.
Alex tenu bon et dans un surplus de haine, sortit un grand couteau de cuisine de la poche de sa veste et le planta dans le bas de son ventre d'un geste vif. Il tomba à genoux avec une grimace perplexe regardant le sang couler, ne réalisant pas vraiment ce qu'il venait de se passer. Elle en profita alors pour s'élancer dehors et se mit à courir jusqu'au bout de la rue les yeux embués de larmes
.
Ensuite, la jeune fille s'arrêta et appela anonymement une ambulance avant de continuer son chemin, utilisant toute la force et le courage qui lui restait.
Elle arriva dans une petite ruelle sombre et déserte et se laissa tomber contre un mur, pleurant toutes les larmes de son corps...
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Jan sortait enfin de l'avion après huit heures de vol. Il pleuvait. Au moins, il ne serait pas dépaysé au niveau du temps, même si, ça n'aurait pas été une mauvaise chose. Mais après tout, ce qui comptait, c'était qu'il soit ici et plus en Allemagne, plus dans cette maison ou la tension régnait, ou la tristesse avait envahit les c½urs jusqu'au plus profond de leur âme, ou il ne se sentait plus vraiment chez lui...
Le jeune homme monta dans une navette qui l'emmenait dans le hall des bagages, une fois les avoirs tous reprit, il se rendit vers là sortie, à l'endroit ou les gens accueillaient les personnes qu'ils étaient venus chercher ou tous simplement un couloir dans lequel passaient beaucoup d'homme d'affaire pressés de retourner à leur vie.
L'homme qui allait l'accueillir chez lui était un certain Nicolas Marsden, âgé d'une trentaine d'année et prof de physique dans une « High school » de Seattle.
Jan prit un chariot pour y poser tous ses bagages et avança en cherchant un homme correspondant à la description. Il en aperçu un qui s'avançait vers lui d'un air supérieur, il crut que c'était lui mais ce dernier le bouscula sans même se retourner. Il se mit donc à scruter la pièce avec plus d'attention, il y avait tellement de monde dans cet aéroport et en plus, tellement de types correspondant qu'il fini par se planter en plein milieu et attendit qu'il vienne à lui.
****
Nicolas s'impatientait, Olivia n'était toujours pas prête et il était temps d'aller chercher Jan à l'aéroport. Ce dernier avait tout de suite accepter la proposition, ravi d'avoir enfin trouver quelqu'un prêt à l'accueillir.
Nicolas était anxieux, il se demandait comment allait réagir le jeune homme en le voyant, serait-il à la hauteur de ses espérances ?
_Olivia !
_Oui oui ça va j'arrive !C'était toujours pareil avec elle, il lui avait toujours fallu deux heures pour se préparer alors qu'il ne fallait que cinq minutes quand il s'agissait de lui.
Elle descendit enfin, impeccable, bien habillée bien coiffée comme à son habitude, comme si elle s'attendait à rencontrer l'homme de sa vie à chaque coin de rue.
Il lui lança un petit regard narquois et ouvrit la porte de la voiture de sa s½ur pour la laisser entrer, ensuite il la contourna afin de rentrer à son tour.
Il préférait prendre le volant car Olivia conduisait un peu comme une personne bourrée seulement elle, elle était sobre.
_Pourquoi ce sourire? Lui demanda-t-il en démarrant.
_J'ai hâte de le rencontrer.
_Ouais t'as surtout hâte de connaître ses préférences sexuelles, lança-t-il moqueur.
_Oui bon j'avoue que ça me turlupine assez !Une fois arrivés, ils sortirent de la voiture et entrèrent dans l'aéroport blindé de monde.
Il le vit directement, seul avec son chariot, en pleins milieu du hall, l'air préoccupé. Il faisait tellement contraste avec tous ces gens « normaux », il était encore plus satisfait de l'avoir choisis, il sentait que ce jeune homme était quelqu'un de spécial, une de ces personnes comme on en rencontre peu dans sa vie.
Il s'avança vers lui le sourire aux lèvres et se présenta.
_Bonsoir je suis Nicolas, tu dois être Jan ?
_Oui, c'est bien moi...Vous n'auriez pas pu me louper, rajouta-t-il en souriant à son tour.
Nicolas aimait déja beaucoup son autodérision. Il se tourna ensuite vers sa s½ur.
_Je te présente Olivia ma s½ur, mais ne t'inquiète pas, elle n'habite pas chez moi, plaisanta-t-il.
_Ben merci, ça fait toujours plaisir, ironisa-t-elle en faisant la bise à Jan.
_Pose là ta question, lui dit Nicolas voyant son air de plus en plus curieux.
Jan lança un regard interrogateur à Olivia et attendit qu'elle s'exprime.
_Euh... hum...bon aller je me lance sinon je ne dormirai pas cette nuit...qu'elles sont tes...euh...tu sais...
_Est-ce que je suis homo ? Demanda-t-il sur un ton tout à fait naturel.
Ben non, enfin, je suis bisexuel et je n'ai aucune honte à l'avouer. _Ah...Olivia était abasourdie par son manque de gêne et lança un regard à son frère assez étonné lui aussi.
****
Après que Nicolas lui ait tout expliqué et qu'il se soit installé, Jan vint s'asseoir dans le canapé en face du prof.
_Alors, parle moi de toi, lui demanda ce dernier.
_Je...Là, Jan changea du tout au tout, il se mit les mains sur le visage en respirant lentement, essayant de se contrôler, essayant de ne pas s'effondrer devant lui. Mais c'était trop dur, trop dur de faire comme si de rien n'était. Il fallait qu'il en parle, qu'il le mette en garde qu'il n'était peut-être pas le garçon auquel il s'attendait.
_Bon, j'ai quelque chose à t'avouer, commença-t-il.
Il s'est passé quelque chose dans ma vie l'année passée et depuis je ne suis plus la même personne, je n'ai plus d'envie, plus de volonté, je ne suis plus jamais heureux et je ne le serais plus jamais. Si je suis venu ici c'est dans le but de me sauver car si j'étais resté en Allemagne, ça m'aurait consumé petit à petit. Alors je voudrais te dire que tu peux encore me renvoyer parce que je ne suis pas du tout agréable à vivre. J'ai essayé de faire comme si...reprendre une vie normale...Nicolas était sous le choc, il ne savait pas quoi faire, pas quoi dire, il ne comprenait rien à ce que lui racontait Jan.
_Je ne comprend rien. Que se passe-t-il ?
_Mon frère jumeau est mort ! S'exclama Jan au bord des larmes.
Il avait lâché ça comme ça, pour la première fois il avait su le dire à quelqu'un, enfin, il l'acceptait, il était prêt à commencer le deuil, à accepter la réalité.
Sentent un flot de tristesse s'emparer de lui, il se leva et gagna la porte en courant. Dévala les escaliers se retrouvant vite dans la rue sombre.
Nicolas était resté planté là, bouche bée, se pinçant pour voir si il n'était pas entrain de rêver. Mais non, ce gosse de 17 ans qu'il connaissait à peine venait de s'enfuir de chez lui en courant.
****
Alex s'adossa au mur et resta là, les jambes repliées contre sa poitrine, ce qu'il venait de se passer repassant en boucle dans sa tête. Qu'avait-elle fait ? Qu'est-ce qu'il lui avait pris ? Mais d'un côté elle se sentait quand même soulagée. Plus jamais...
Elle savait que ce n'était pas normal mais, elle se sentait bien, même très bien. Plus elle pensait à ce qu'elle venait de faire, plus elle se sentait heureuse, libre. Après tout ce n'était que justice et elle se battrait pour faire valoir ses droits lors du procès car elle savait très bien qu'il l'attaquerait.
Soudain, elle vit passer une jeune fille devant elle. Elle avait l'air désorientée et se laissa tomber sur le mur d'en face sans remarquer sa présence. Alex l'entendit murmurer un nom « Tim » tout en se laissant tomber par terre mais quand elle se tourna enfin vers son côté, Alex vit que c'était en fait...un homme. Elle toussota pour lui faire comprendre qu'elle était là et le jeune homme la vit. Seule, assise dans la pénombre, le mascara lui coulant sur les joues.
_Désolé, je ne t'avais pas vu, dit-il d'une voix faible.
Qu'est-ce que tu fais là toute seule ?_Et toi qu'est-ce que tu fais là tout seul ?
_Euh...Rien je me balade, répondit-il en esquissant un sourire.
_Ah ouais ! Dit plutôt que tu fais ton jogging à vingt-deux heures en...pleurant ?
_Je ne pleurais pas. Oh et puis de toute façon je m'en fous. Oui je suis triste. Oui j'ai une vie de merde. Oui j'ai envie me foutre en l'air et toi ?Il vint s'asseoir à côté d'elle, attendant de voir si elle allait se confier à lui.
_Et bien on est deux en fait, expliqua-t-elle.
D'ailleurs elle est bien cette ruelle pour les gens en perdition tu ne trouves pas ? Je trouve qu'elle cadre bien ! Bon d'accord ça fait un peu cliché mais j'aime ce qui est cliché.Jan plongea son regard sombre et pénétrant dans le sien ne sachant que dire mais elle fini par baisser la tête. Il le dirigea alors vers le mur, étonné, il n'y avait eut aucune trace de peur dans sa voix, elle avait juste l'air un peu déstabilisée.
_Tu veux que je t'embrasse? Lui demanda-t-il sans une once de plaisanterie dans la voix.
_Pourquoi? toi tu veux? Demanda-t-elle en souriant.
_J'avoue que ça me dirait bien, avoua-t-il.
_Et bien vas-y, je t'en prie, laisse libre cours à ton imagination, accepta-t-elle amusée de son manque totale de gêne à exprimer ses envies du moment.
Jan approcha lentement ses lèvres de celles d'Alex, les yeux captivés par son regard si singulier. Il lui prit les lèvres, encore et encore jusqu'à ce qu'il n'ait plus assez de souffle. Elle avait répondu avec passion à son désir, comme si ils se connaissaient depuis toujours. Ce garçon est vraiment très étrange, pensa Alex. Mais elle avait adorer ce baiser, tellement inatendu étant donné les circonstances. Son coeur en avait prit un coup. Elle avait beau ne pas le connaître, elle commençait déja à ressentir quelque choses pour lui, ce baiser l'avait en quelque sorte électrifiée.
_Je suis arrivé d'Allemagne aujourd'hui, je m'appelle Jan et toi ? Demanda-t-il en se détachant d'elle.
_Bienvenu à Seattle lieu de débauche et de perversion, je m'appelle Alexandria, Alex pour les intimes. Ils restèrent là, à comtempler le vide, se lançant des petits regard furtifs mais jamais en même temps.
Au bout de quelques minutes, ils se levèrent en silence, Alex lui proposa de lui faire visiter un peu la ville, prétextant qu'elle était mieux la nuit, quand il n'y avait presque personne.
Ils passèrent un moment pratiquement iréel, ne parlant pas beaucoup mais ressentant énormément de chose. Chacun de son côté, imaginant qu'ils étaient destinés à se rencontrer mais n'osant pas vraiment l'exprimer. Pensant que l'autre ne devait certainement pas éprouver les mêmes choses, et pourtant...
Vers le petit matin, Jan retourna chez Nicolas, espérant de tout coeur qu'il ne lui en voudrait pas trop et Alex se décida enfin à aller chez Kiara...
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Je sais, ce chapitre est extrêmement long. J'espère que ça ne vous à pas trop emmerder (si vous avez eut le courage de lire). Mais bon voilà, j'ai décidé de développer un peu l'histoire de chaque personnage mais en gardant bien sur celle de Kiara et Nico pour principale. Je ne sais pas ce que vous en pensez mais bon, j'ai déja tout prévu, ça fait quand même partie de l'histoire, je ne peux pas me focaliser tout le temps sur deux personnages ce serait chiant. Alors voilou!
Avis à tous! Oui vous là, qui êtes entrain de lire XD J'aimerais que chaque personne qui lise cette fiction laisse un commentaire sur ce chapitre. C'est obligatoire sur ce chapitre, pour les autres, vous faites absolument ce que vous voulez bien entendu. Bon ça doit pas nécessairement être très constructif c'est juste pour voir si j'ai des lecteurs qui ne laissent pas de coms habituellement XD (ouais je sais faut m'abattre c'est pas nouveau)
B'ZOu et merci à vous sans qui cette histoire ne serait rien (XD oui la beg(JOuu) c'est à toi que j'ai taxé cette phrase, j'avoue!)
ICI (A Crazy Sister épisode 2) PS: si jamais ça vous intéresse, il y a un 2ème Oneshot sur T4rly-T0usy !